Un chapelain des sanctuaires nommé évêque du Mans
Plus de 3 000 fidèles assisteront à l’ordination de Yves Le Saux. Le nouvel évêque du Mans sera un des plus jeunes de France.
La dernière ordination d’un évêque au Mans remonte au 21 mars 1834. C’est donc un événement rare auquel les catholiques sont conviés, ce dimanche, à la cathédrale Saint-Julien du Mans. Le père Yves Le Saux, nommé le 21 novembre par le pape Benoît XVI, sera ordonné évêque, en présence de plus de quarante de ses futurs pairs et du représentant du pape en France, le nonce Baldelli. François Fillon est également attendu. L’évêché annonce l’afflux de plusieurs milliers de fidèles. Des Sarthois bien sûr, mais aussi des habitants d’Hennebont, le village d’origine du père Le Saux, du diocèse d’Autun, où il a été chapelain des sanctuaires de Paray-Le-Monial. Ainsi que de Belgique, où il a été responsable de l’enseignement aux séminaristes à Namur pour la Communauté de l’Emmanuel. […]
La cérémonie sera conduite par le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris. C’est lui qui procédera à l’imposition des mains, selon un rituel très ancien, assisté de Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes et de Mgr Rivière, évêque d’Autun-Chalon-Mâcon.
Âgé de 48 ans, Yves Le Saux est né, un 24 décembre, d’un père charpentier prénommé… Joseph. Et d’une maman prénommée… Marie-Yvonne ! C’est au sein d’une communauté encore informelle, et qui deviendra celle de l’Emmanuel (« Dieu avec nous », en hébreu), que le jeune croyant a vu sa foi s’affirmer. C’est aussi au sein de la communauté de l’Emmanuel que le prêtre, ordonné en 1986 pour le diocèse d’Autun (Saône-et-Loire), a fait l’essentiel de sa « carrière ». Ouest-France- 22 janvier 2009
Monseigneur Vingt-Trois à Paray
« C’est dans les diocèses que nous devons convaincre »
Président de la Conférence des évêques de France, Mgr Vingt-Trois est un habitué des sessions de Paray-le-Monial. Il nous livre une vision pragmatique de la gestion de l’Eglise. C’est un rythme marathonien, voire olympique que tient Mgr Vingt-Trois, également archevêque de Paris, entre son passage aux JMJ à Sydney et sa venue hier à Paray-le-Monial.
Le JSL : Entre les JMJ et les sessions, quel message avez-vous délivré ?
Mgr Vingt-Trois : « Le cadre est différent. Les JMJ s’adressent à une génération une fois, voire deux maxima. Ici, à Paray, il y a un noyau de participants qui revient régulièrement. Je viens à Paray depuis longtemps. Ce qui compte ici, c’est que les pèlerins repartent avec plus de motivation, plus de conviction pour affronter les difficultés du quotidien »
Le JSL : Lorsque vous avez été élu président de la Conférence des Évêques de France en 2007, vous avez manifesté le souhait que l’Église catholique soit plus présente sur les questions de société. Comment l’envisagez-vous concrètement ?
Mgr Vingt-Trois : « La présence de l’Église dans la société passe par les chrétiens présents dans différents domaines de la vie sociale, à travers des groupes de réflexion, des groupes de travail, que ce soit dans le domaine politique, social et éthique ».
Le JSL : Pourquoi ne pas revenir au système des prêtres-ouvriers qui étaient totalement impliqués dans la vie des citoyens ?
Mgr Vingt-Trois : « Je ne suis pas favorable au retour des prêtres ouvriers. Cette expérience correspondait à une période précise de l’histoire de l’église. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la proximité des camps, des prisonniers, a poussé certains à s’inscrire dans ce mouvement et certains y ont vu un moyen important d’évangélisation. Aujourd’hui, le cadre ne s’y prête plus. Et surtout, nous ne comptons plus que 25 000 prêtres et la présence des laïcs n’est pas la même. Je ne suis pas fondamentalement contre les prêtres-ouvriers, mais je n’en fabriquerai pas artificiellement »
Le JSL : Pour autant, au vu des sujets de société abordés au cours des sessions et des transformations que subissent les familles ces dernières années, quelles réponses l’Église peut-elle leur apporter ?
Mgr Vingt-Trois : « Le premier objectif est de savoir comment aider les familles monoparentales, comment transmettre des valeurs aux enfants ?
Par le biais de la catéchèse, des mouvements de jeunes. Nous devons expliquer l’importance du mariage comme étant la meilleure formule familiale stable, la famille hétérosexuelle ».
Le JSL : Il existe pourtant de nombreux chrétiens homosexuels. L’Église leur ferme t-elle la porte ?
Mgr Vingt-Trois : « Les homosexuels chrétiens, nous les accompagnons et nous les accueillons. Mais le fait d’être chrétiens ne leur donne pas le droit de construire une famille ».
Le JSL : Vous avez pris à plusieurs reprises des positions affirmées sur la bioéthique, la politique, etc. Ces prises de position n’ont-elles pas été considérées par moments comme de l’ingérence ?
Mgr Vingt-trois : « C’est même l’inverse. Les élus et autres personnalités sont demandeurs d’interventions. Sous-entendu, ça ne change rien. C’est donc par la base que le message doit passer. C’est dans les diocèses que nous devons convaincre. Personnellement, je suis pour une limitation des
interventions publiques, sauf si l’on sait qu’elles vont avoir un impact et qu’il y a un enjeu important comme la loi sur la bioéthique par exemple. Il vaut mieux intervenir peu mais bien ».
Le JSL : Appliquez-vous ce même pragmatisme dans la gestion de l’Église ?
Mgr Vingt-Trois : « Ce processus a déjà commencé. Si on prend les villages de Saône-et-Loire où il y a beaucoup de personnes âgées et des résidences secondaires, il vaut mieux faire des rassemblements d’Église là où il y a quelque chose à vivre, comme le chef-lieu de canton. Il faut
trouver le bon échelon pour regrouper les forces vives ».
Le journal de Saône et Loire - 7 août 2008
À Paray-le-Monial, l’accueil des pèlerins veut faire peau neuve
Paray-le-Monial connaît une fréquentation en augmentation régulière du sanctuaire et de ses propositions. « En dix ans, la fréquentation du site a progressé de 125 %, et dans les trois années qui viennent nous devrons être en mesure d’accueillir 250 000 pèlerins, contre 170 000 aujourd’hui. » Pour Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, l’équation est simple : il s’agit à la fois d’améliorer et de développer l’accueil à Paray-le-Monial, haut lieu de pèlerinage d’ampleur internationale.
Le projet qu’il vient de présenter dans les locaux des sanctuaires, aux côtés de leur directeur, le P. Édouard Marot, et du directeur des pèlerinages, Bruno Abart, prévoit donc d’importants travaux de rénovation sur les bâtiments d’accueil. Ils devraient être réalisés en plusieurs tranches et s’étaler sur une dizaine d’années.
Site culturel et spirituel exceptionnel grâce à son église, chef-d’oeuvre de l’art roman du XIe siècle, Paray-le-Monial est aussi connu comme lieu de vénération du Sacré-Cœur de Jésus depuis qu’au XVIIe siècle, le Christ est apparu à une jeune religieuse du monastère de la Visitation, sainte Marguerite- Marie Alacoque. Ces dix dernières années, la fréquentation s’y est encore fortement accrue, en lien avec la visite de Jean-Paul II en 1986. « Il a été un véritable promoteur de la spiritualité du Coeur de Jésus », constate Mgr Rivière.
Des activités de plus en plus nombreuses D’autant que des activités de plus en plus nombreuses s’ajoutent aux pèlerinages, retraites et accueils diocésains, et à la rénovation déjà menée du Musée eucharistique du Hiéron. Certaines sont récentes, comme les « Rencontres d’été » créées en 2005, l’adoration perpétuelle, la consécration des familles et des pays, ou encore la « garde d’honneur du Sacré-Coeur », créée en 2007 par Mgr Rivière : cette association internationale a pour but de favoriser l’adoration perpétuelle du Coeur de Jésus au Saint Sacrement.
Autant de manifestations qui ont conforté le diocèse dans sa décision. Comme le résume Bruno Abart : « Il devenait urgent d’agir, sous peine de compromettre le développement du site et aussi parce que les locaux, vétustes, en avaient grandement besoin. » La quasi-totalité du coût, estimé à six millions d’euros, devrait être financée par la collecte de dons. Si tout se passe comme prévu, la première tranche de travaux, estimée à 800 000 €, sera lancée début 2009. Elle se traduira par une mise aux normes et une reconfiguration de l’abri des pèlerins (agrandissement de la salle de restaurant de 700 à 1 500 places, construction de nouvelles cuisines, de salles modulables, de bureaux, etc.). À plus long terme, le projet prévoit également la rénovation de la maison des chapelains, ainsi que le renouvellement du diorama. La Croix - 29 juillet 2008


