Paray rayonne comme capitale religieuse à travers le monde. Les sessions internationales y contribuent grandement depuis longtemps.
Trois éléments indépendants font de Paray-le-Monial une sorte de capitale religieuse. Il y a d’abord, dans cette petite ville de 10 000 habitants, du sud de la Bourgogne, une merveilleuse basilique romane qui rappelle l’époque, il y a plus de 1000 ans, où Paray avait été comme une succursale de Cluny, le phare du Moyen-Âge. Depuis moult années, d’autre part, des chrétiens du monde entier se rassemblent ici tous les étés. Ce sont les sessions internationales de Paray-le-Monial animées par la Communauté de l’Emmanuel.
Et Jésus apparut !
Mais ce qui nous intéresse en
premier chef, ce sont les apparitions
du Sacré-Coeur à Ste-
MargueriteMarie, dans la dernière
partie du XVIe siècle, et
qui feront de Paray-le-Monial,
un centre de pèlerinage international.
En ce temps-là, protestants
et jansénistes présentaient
Dieu sous une forme
sévère et austère. La société
comprenait deux camps, les
dévots et les libertins. C’est
dans ce contexte que Marguerite
Marie Alacoque, une religieuse
du monastère des Visitandines,
originaire de
Vérosvres, non loin d’ici, eut
des apparitions à plusieurs reprises
de Dieu qui montrait
son coeur. « Voici ce coeur qui a
tant aimé les hommes » disait-il.
Ainsi, le Dieu amour qui apparaissait
à Ste-MargueriteMarie,
la Sainte parodienne, le
Bon Dieu allait-il à l’encontre
du Dieu justicier et sévère que
présentaient les jansénistes.
Un mythe se construit
Mais le pèlerinage de Paray
naquit un siècle plus tard. C’est
l’oeuvre surtout du père Drevon.
Il choisit Paray à cause
du contexte religieux, mais aussi
car le chemin de fer permettra
d’acheminer des pèlerins.
On pourra enclencherunvaste
mouvement populaire, une véritable
renaissance religieuse.
Le père Drevon réussit à convaincre
l’évêque d’Autun. Puis
le mouvement gagne toute la
France. Des comités sont créés.
Puis en mai 1873, le pape envoie
un message qui consacre
et encourage le mouvement
ainsi lancé. Les pèlerinages de
cet été-là rassemblaient 1 230
prêtres, 25 000 fidèles, l’évêque
d’Autun, quatre généraux.
Le 29 juin, 50 députés participaient
à la cérémonie. On
construisit la chapelle en bois,
« leDôme ». La revue« Le pèlerin
de Paray » devient l’organe
officiel du centre de pèlerinage
dirigé par la
Communauté des Chapelains
composée de sept membres.
En 1890, date anniversaire de
la mort de Ste Marguerite, marque
le point de départ d’une
période faste. Marguerite Marie
fut canonisée le 13 mai
1920. Des particuliers, toute
l’année durant, s’ajoutent aux
pèlerinages organisés, diocèse
par diocèse, mais aussi venant
de Pologne, d’Italie et du
monde entier. Partant de là,
MgrGaïdon qui fut responsable
du pèlerinage, lança l’idée
d’une « Civilisation de
l’Amour ».
Jean-Paul II en pèlerin
Le pape Jean-Paul II en 1986,
deviendra le pèlerin le plus illustre
de la Cité du Sacré-
Coeur.Une châsse exposée à la
chapelle des Apparitions contient
les restes de la Ste Parodienne.
Le père Marot, recteur
des sanctuaires montra ces reliques
enAfrique, enAmérique
latine, et plus récemment en
Espagne et au Portugal en consacrant
tous ces pays au Coeur
de Jésus. Plus encore que ces
reliques, la dévotion au Sacré-
Coeur a fait le tour du monde.
JEAN-PAUL WEISS (CLP) Journal de Saône et Loire 24 juillet 2009
Témoignages :
Antoine 8 ans :
« Les rencontres et les copains ! »
A Paray, j’ai fait beaucoup de rencontres et j’ai sympathisé avec des copains. On a appris plein de chants. Et les animateurs nous racontaient l’histoire de Jésus. Sa mort et sa résurrection m’ont marqué. Il y a une ambiance très sympa à Paray. J’aimerais revenir. C’était très bien.
NICOLAS 37 ans
« C’est très pratique en famille »
Je suis de Reims donc ce n’est pas trop loin. Il y a beaucoup d’activités pour les enfants. Comme j’en ai trois, c’est très pratique quand on vient en famille. J’avais débuté le pèlerinage de St-Jacques-de- Compostelle. Mais avec les enfants, Paray, c’est un site vraiment idéal.
CELINE 19 ans
une atmosphère apaisée
Il règne à Paray une atmosphère apaisée propice à la rencontre. Je ne suis pas pratiquante. Je suis venue pour me réconcilier à la vie chrétienne dans laquelle j’ai grandi. Ici, j’ai découvert que l’on pouvait trouver Dieu dans chaque personne. C’est vital et m’évite de me poser des questions inutiles.
FRANÇOIS 31 ans
« Paray et Jésus ne font qu’un »
Paray est indissociable de Jésus. Et Jésus me protège. Il m’a déjà relevé plusieurs fois quand j’ai eu de graves problèmes de santé. C’est la troisième fois que je viens. Je m’y sens compris. J’ai des amis qui ne partagent pas tous cette foi. Ici, je suis bien car on a des aspirations et des convictions communes.
DANIELLE 57 ans
« La tolérance pour les célibataires »
Ici, le célibat est toléré et accepté. J’ai perdu récemment toute ma famille. La solitude est un vrai drame. Je peux reprendre espoir ici à Paray. On y découvre une réelle possibilité de vivre ensemble. Les gens ne se récusent pas. On trouve des passerelles pour aller vers l’autre.





